Expérimentation · vrac.2cbl.fr · Usage de l'IA en contexte éditorial

Projet Escot

Une IA peut-elle imiter
un style littéraire ?

Savoir ce qu'une IA peut faire pour générer un texte inédit pouvant ressembler plus ou moins à une chronique de Richard Escot — et en décrire honnêtement le processus.

Les deux chroniques produites

Version 1 · Chronique spontanée

Bilbao n'oublie pas

Produite sans données précises, directement, en moins de 30 secondes.

Version 2 · Ébauche documentée

Bilbao a appris à accueillir

Le résultat est plus scolaire et bien plus éloigné encore du style d'Escot.

Le constat que l'automatisation d'écriture d'articles devient possible, lire mon article à ce sujet, et cet article de Télérama « le prochain prix Goncourt sera-t-il écrit par une IA ? », m'ont incité à provoquer l'expérience décrite ci-dessous.

Il s'agissait de savoir ce qu'une IA peut faire pour générer un texte inédit pouvant ressembler plus ou moins à une chronique de Richard Escot.

Je vois un point commun entre l'évaluation des performances d'une IA et certains critères d'évaluation de la performance du rugby moderne.
Tout est question de rapidité et focalisé sur la vitesse d'analyse, de résolution, de réponse ou d'assistance de l'outil. Résumé par cette phrase de Miguel "L'IA pourra peut-être analyser 12 angles de passe en 0,3 seconde".
En rugby, certaines nouvelles règles, certains principes de jeu, certaines préparations physiques sont construits pour augmenter la vitesse du jeu qui devient un paramètre important de la réussite. Et la solution pour l'adversaire est alors de trouver les moyens de ralentir tout ça.
Il n'y a guère que le box kick où la recherche de vitesse et de lenteur sont associés : temps d'exécution du geste et temps de vol du ballon selon l'effet recherché (donner du temps aux joueurs pour monter et contester le ballon)."

Devant un résultat trop rapide, Bilbao n'oublie pas, j'ai voulu ralentir l'exécution en espérant améliorer le résultat final. C'est encore moins "Escotien" : Bilbao a appris à accueillir.
Lire ci-dessous le descriptif du processus.

Le projet décrit à l'IA Claude

Imiter le style de Richard Escot (blog Côté Ouvert), à partir de ses articles, pour produire une chronique inédite — et démontrer ainsi ce que l'IA peut faire, en bien comme en mal.

Extraits de la réponse

Sur mes capacités : je peux accéder aux articles publics du blog directement — testons. Et je peux chercher des sources sur les finales de Bilbao de mon côté. Je peux travailler en profondeur sur l'analyse stylistique, pas seulement sourcer.

La limite honnête : produire quelque chose qu'un lecteur proche de l'auteur ne distinguerait pas — c'est ambitieux. Mais produire quelque chose qui sonne juste, qui capte la voix, le rythme, les références littéraires entrelacées au rugby — oui, c'est faisable.

Nourrir l'IA — dialogue avec Claude (Anthropic)

J'ai fourni à l'IA cet exemple transmis à Richard et sa réaction.

Je viens de le lire… édifiant. Les incomplètudes passent sous le vernis. L'approximation règne en règle. C'est pourquoi il restera toujours de la place pour de vraies analyses. Et du style.

Et j'ai indiqué qu'il devra intégrer ces phrases dans la chronique.

Puis j'ai fourni ces articles :

Le plus "étonnant" est de constater comment l'IA "raisonne" et fait une "extrapolation" entre ma demande initiale et la lecture qu'elle fait de ce dernier article sans que je donne aucune indication.

Voilà sa réponse

Lu intégralement. Et la surprise est savoureuse : c'est Miguel Fernandez qui a écrit la chronique, pas Richard Escot — invité par ce dernier à prendre la plume en "espace inside", quelques minutes après le coup de sifflet final de la finale UBB-Leinster.

Ce qui est extraordinairement piquant pour notre projet : Miguel Fernandez a donc déjà réussi à écrire dans l'espace de Côté Ouvert, et Richard Escot lui a dit "Bravo, Don Miguel… une performance à la hauteur de celle de l'UBB."

Donc le précédent existe : un non-journaliste, avec de la culture, de l'humour et du style, peut investir ce blog. La question que tu poses implicitement : une IA peut-elle faire pareil, voire mieux ?

Et ce qui rend le défi encore plus net : le style de Miguel dans cette chronique est très différent de celui d'Escot. Miguel est plus mordant, plus comique, plus "chroniqueur du dimanche sous amphètes". Escot est plus littéraire, plus mélancolique, plus ciselé — la chute en deux mots rares, la référence glissée sans souligner.

Récapitulatif de l'IA

Ce que je dois faire : produire une chronique inédite dans le style de Richard Escot, sur les finales de Coupe d'Europe 2026 à Bilbao (Champions Cup et Challenge Cup), pour démontrer — de façon éthique et transparente — ce qu'une IA peut faire quand elle s'empare d'un style littéraire.

Ce qui manque : les données factuelles précises sur les deux finales (scores, buteurs, séquences clés). J'ai les contours — UBB bat Leinster, Montpellier bat Ulster — mais pas les détails qui donnent le grain de réalité qu'Escot ne néglige jamais. Je vais m'appuyer sur ce que la lecture du blog m'apporte et travailler avec ce que j'ai.

Et l'IA propose directement une chronique que je n'avais pas demandé puisque pas encore fourni de données et d'indications plus précises, comme parler du stade, de la remise des maillots, de Lucu…

Pour rappel, cette première chronique : ICI

Tout cela s'est fait extrêmement rapidement. L'IA analyse, répond et rédige en moins de 30s.

Et quand je tente de lui donner plus de matière alors le résultat est plus scolaire et bien plus éloigné encore de ce que pourrait produire Richard Escot. Pour rappel, voir cette deuxième version plus longue à élaborer car plus d'interactions.

Pour en savoir plus et lire les interactions qui ont suivi "ma déception" devant la performance, c'est ici.